lundi 13 juin 2016

Actualité people: Johnny Depp l'icône et Amber Heard la garce divorcent.


Round 1 : Il y a quelques semaines l'homme le plus beau du monde et sa vamp de jeune femme Amber Heard annonçaient leur divorce. En parcourant internet, les réactions étaient majoritairement semblables : Amber Heard est une manipulatrice aux dents qui rayent le parquet, une instable, une folle, une chieuse droguée. La généralité des commentaires allaient dans le même sens, tout le monde s'attendait à ce divorce, et, Johnny Depp irait beaucoup mieux sans elle. Voilà, jusqu'ici, rien de bien intéressant qui aurait pu susciter mon attention.

"C'est pas possible, je les ai vu la semaine dernière ensemble ils avaient l'air très bien!" <- Remarque de merde



Round 2 : Quelques jours plus tard, la dite Amber publie des photos sur internet, le visage couvert de bleus. Elle accuse son mari de l'avoir violentée physiquement. La populace crie au truquage et à l'influence mesquine de cette salope qui essaye de ternir l'image du beau rebel.

Fin.

Cette histoire m'a poussée m'interroger au sujet de notre jugement concernant la vie des autres.
Cette histoire concerne deux célébrités et a été mondialement reléguée mais aurait très bien pu arriver à un couple que nous connaissons. Des amis, des voisins, des connaissances, des collègues. 




Ici, comme souvent malheureusement, c'est l'homme qui est particulièrement riche, et une popularité installée. Il est bel homme, bon dans son métier et séduisant. Son nom vaut de l'or, il est à la tête d'une marque de prestige. L'homme a dans cette histoire, largué sa compagne dont il avait deux enfants pour une autre femme, bien plus jeune, et bien moins riche. La jeune femme est aux prémices de sa carrière, et malgré sa beauté froide, elle semble avoir du mal à se démarquer. Aux yeux de tous, il est limpide que l'homme a beaucoup plus de notoriété que la femme, et, qu'elle aurait beaucoup plus besoin de lui et de son argent afin de faire progresser sa carrière que le contraire. L'étiquette n'était donc pas difficile à donner. «Une énième jeune femme avide de puissance se chope un homme riche, dont elle se servira ». L'homme, étant un homme, « il ne se refera jamais », est tombé dans le panneau et a craqué pour une gourde à la plastique de rêve.

L'histoire ne dure pas, et ne marche pas. Personne ne s'en étonne, cet homme valait bien mieux qu'elle. Et, même si c'est elle qui a demandé le divorce, on estimera qu'il retrouve enfin ses esprits, qu'il réalise que cette jeune femme sulfureuse et carriériste ne mérite pas cet homme de tallent à ses côtés. Sauf, que la provocatrice, annonce, photos à l'appuis, que son mari l'a frappée. Aujourd'hui, qui n'a pas vu de campagne incitant les femmes à s'exprimer face à leurs passages à tabac (psychologiques, physique... Qui n'a pas entendu parler du fameux pervers narcissique?!)  ? On nous martèle continuellement que beaucoup trop de femmes restent silencieuses et, la société les encourage à dénoncer les violences conjugales, qui sont trop souvent contenues, étouffées, atténuées. La société prétend accuser les personnes violentes et tend à soutenir les victimes physiques comme psychologiques des agressions.
Mais, dans ce cas précis, avec cette femme-là, c'est différent : elle est vénale, jeune, belle et semble paumée. Bien qu'on ne la connaisse pas, on ne peut pas la soutenir. Pas elle. On ne peut pas la croire. Elle, son unique but, est de salir l'image d'un homme bien, d'un homme qui a du pouvoir et du renom. A vrai dire, on ne connait pas vraiment cet homme non plus, uniquement l'image qu'il nous renvoi, et, elle provoque en nous une idée suffisamment positive pour vouloir le défendre. Jamais il ne battrait une femme. Oui, il vrai que la jeune femme a montré des photos, mais le maquillage et photoshop existent, il ne faut pas oublier qu'elle est prête à tout pour arriver à ses fins : voler l'argent de son mari.

De plus, cet homme, aussi fêtard soit-il n'a jamais eu de problème de violence avec ses ex, du moins, aucun problème n'a été reconnu publiquement. Pourtant, est-ce-que le fait de ne pas avoir violenté son ex prouve que nous n'en serons jamais capables ?
Imaginons qu'en effet, cette femme a tout inventé car elle cherche à dépouiller son mari, car elle a de mauvaises intentions ou simplement car elle cherche à se faire connaître et reconnaître par ses pairs. Elle desservirait la cause des femmes réellement victimes de maltraitance, et on reprocherait à juste titre, à cette attitude honteuse de décrédibiliser le témoignage des personnes vraiment blessées.

Mais, imaginons que cette femme dise la vérité. Admettons que malgré sa mesquinerie, malgré le renom de son compagnon, elle ait été effectivement en danger. Une femme aurait eu le courage de dénoncer ce qui lui est arrivé, elle aurait osé annoncer qu'elle s'est pris des coups dans la face, qu'elle a été humilié physiquement, elle aurait donc décidé de faire part de sa détresse publiquement. En guise de réponse et de réaction, les gens lui auraient craché à la gueule en la traitant de manipulatrice et de salope.
Comment peut-on remettre en question la parole d'une personne qui se dit victime ? Comment une femme qui dénonce des faits de violence peut-être accusée de manipulation et de conspiration ?
Je ne connais pas ces gens, ni la majorité des autres femmes dont on a remis la parole de victime en question. Mais, si l'on prétend avoir été agressé, le réflexe devrait être de vouloir accompagner la personne, au lieu de l'accuser de mensonge et de traitrise. On doute encore bien trop souvent que les femmes puissent être violées par leur conjoint, menacées psychologiquement et qu'elles se soient pris des raclées dans l'intimité. On préférera fermer les yeux face à ces déclarations plutôt que rentrer en conflit avec les bourreaux. On dira qu'elle exagère, on croira l'homme qui se contentera de dire qu'elle ment, puis, on haussera les épaules et on estimera que de toutes façons, ça ne nous regarde pas. 


"Jvais pas lui faire mal à la Sanza" - qu'il disait Ramsay...