samedi 15 avril 2017

Le vote utile ne passera pas par moi




« Quoi, mais tu vas voter pour un type qui ne passera pas la barre des 2% aux élections ? Mais c'est n'importe quoi, ça sert à rien ! Il faut faire barrage à Le Pen ! »


J'ai beaucoup de mal à supporter l'étiquette de la citoyenne française, mais vivant sous les lois de cet état je ne suis pas indifférente. J'ai tendance à détester les politiciens et toute la foire médiatique qui les entoure. De plus, mes connaissances à ce sujet sont limitées, minuscules voire quasi inexistantes. Je ne connais rien à l'économie, je déteste les études de marché et les stratégies de relations internationales mais j'ai une opinion.
Je ne prétends pas que mon opinion est meilleure que celle de quelqu'un d'autre, mais j'ai des convictions, des idées qui m'habitent, des luttes que je veux défendre.
Evidemment comme l'opinion publique en général, je gerbe sur Marine Le Pen et son discours de haine. Evidemment que je serais affligée si elle était à la tête de l'état. Mais pas plus qu'un Fillon. Discours haineux, mépris, racisme, discrimination, corruption... Je ne choisirai pas entre la peste et le choléra. Il y en a plus ou moins trois autres, plus ou moins à gauche à qui je pourrais donner ma voie afin que mon vote soit utile.
Je ne partage pas leurs idées. 

Mes idées convergent vers un petit parti et je veux montrer que d'autres vérités sont possibles. Alors quoi ? Au nom du grand méchant Loup Le Pen, je devrais laisser mes convictions de côté pour voter pour quelqu'un qui ne me convainc que très faiblement ?
Nous en sommes réduits à cette démocratie? Nous en sommes réduits à motiver nos votes par la peur ? La menace du pire a réussi à nous faire voter pour quelque chose de médiocre car nous nous sentons en danger, sous pression. Je ne jouerai pas à ce jeu là.
Il y a bien longtemps que j'ai compris que la belle « démocratie », sous cette forme n'était qu'une grosse blague, que nous ne changerions rien en votant, car le système est assez sournois pour que les choses restent telles qu'elles sont : injustes.

Lorsqu'on ne vote pas, par idée, par conviction, on passe pour un gros salaud, pire qu'un violeur d'enfants ou un tueur de bébés phoques (« non mais tu sais que des gens sont morts pour que tu puisse voter? »). Avec ces gens là, ces traitres à la nation, on est décomplexés, consensuellement on est d'accord qu'on peut les insulter oklm.
Un cap a été franchi. A présent, sous l'intimidation nous nous sentons obligés de voter « utile » pour que des politiciens pourris jusqu'à la moelle s'installent confortablement sur leur fauteuil en haut de leur tour dorée, et pour qu'ils nous observent nous déchirer autour de débats creux et sans fond, au nom de notre douce liberté.
Liberté, laisse-moi rire.



mercredi 14 septembre 2016

Informations concernant le livre Etats de Crises

Bonjour à tous,

Le livre Etats de Crises (recueil de nouvelles rédigé par mes soins) sera en vente à partir du 16 septembre 2016 dans divers points de ventes.
Si vous êtes trop loin et que vous désirez tout de même l'acheter, sur le blog (regardez la colonne en haut à droite... Coucou c'est par ici!) Le paiement est sécurisé via Paypal, no panic, il n'y a pas d'embrouille! Si vous avez un compte, vous pouvez payer via Paypal, sinon, vous pouvez le faire par carte. Le prix du livre est de 10,99 euros, et les frais de port de 2,99 euros.

Je vous informerai des différents points de ventes au fur et à mesure ici, sur le blog.

A très vite!






vendredi 5 août 2016

Chronique d'été





Je repense à ma grand mère me disant de passer de bonnes fêtes, et malgré ses intentions, je sentais l'inquiétude transparaitre dans sa voix. Elle finit par lâcher : « Sois prudente quand-même ».
C’était la première fois qu'elle était aussi grave en parlant d'une soirée arrosée. « Ne t'inquiètes pas, je serai sage, il ne faut pas prendre les menaces terroristes au pied de la lettre ». Lui disais-je pour la rassurer. J'ajoutais sincèrement et pour modérer la paranoïa ambiante « Puis, à Bayonne, j'ai plus de chance de me faire violer que de me faire sauter par une bombe ». Elle sourit. Jaune.

Pourtant, cette année encore, plusieurs agressions sexistes et viols ont été dénoncés. Sans compter ceux qui sont passé sous silence. Bref, afin d'accuser ces attaques, un rassemblement a été organisé à la mairie de Bayonne.




C'est là que s'est déroulé le drame personnel. Une femme que je ne connais pas m'a regardée de haut en bas. Un air de dédain s'est affiché sur son visage. Puis une autre en a fait de même. Elles étaient toutes deux plus âgées que moi : mères de famille ou grand mères, militantes féministes, dénonçant des attaques machistes. Elles m'avaient filtrée au scanner, m'avaient fait passer le test du code vestimentaire de l'activiste féministe. J'avais de toute évidence, échoué.
Pourtant, ni mon short, ni mon décolleté plongeant ni mon rose à lèvres n'étaient sensés les provoquer ou montrer un désengagement de ma part. Je ne rejetais personne. Si j'étais là-bas, c'était pour la même raison qu'elles. Ce n'était pas à cet endroit que j'espérais me prendre une réflexion mal placée et méprisante en travers la gueule. Je me suis sentie en l'espace de vingt secondes, réduite à un objet. J'avais très bien compris ce que ces femmes féministes voyaient en moi : une pouffiasse.


Je sais qu'il y a plusieurs formes de féminisme, que beaucoup se contredisent. Mais celles et ceux qui me jugent pour mes vêtements, je les emmerde. Je me suis sentie bercée par une douce ironie et par un énorme contre-sens : c'est au sein d'un groupe qui dénonce les attaques sexistes qu'on m'a fait comprendre que j'étais trop féminine pour me sentir à ma place.
Je sais aussi que certain(e)s disent que s'habiller tel que je le fais est d'accepter une mode imposée par les hommes, d'agréer de rentrer dans des normes machistes, capitalistes et que j'en deviens soit un produit complètement façonné par notre système, soit une femme maso prête à me plier sous le poids de la pression sociale. Bla, bla, bla...
Cependant, je n'ai plus quatorze ans et ai assez de recul sur moi-même pour m'habiller en parfaite conscience. Je me contrefous de ne pas plaire, sauf à moi. Je cherche à me sentir assez à l'aise avec ma propre image (même si encore bien trop souvent, je déteste ce qu'elle me renvoie). Je croyais (et continue de le penser) que l'une des valeurs du féminisme était celle-ci : que les femmes s'acceptent, se sentent bien dans leur corps et qu'elles emmerdent ceux qui les méprisent et les prennent de haut. Peu importe comment. 



Je ne tombe pas de la dernière pluie, je ne suis finalement pas surprise par ce genre d'attitude, même (surtout?!) dans ce milieu. J'ai tellement de fois été honnie et jugée par des militants quand je riais trop fort, quand je portais des vêtements trop roses ou que j'embrassais trop de garçons, que j'ai fini par m'éloigner et me détourner d'eux. Au lieu de m'intéresser à une cause qui à l'origine me semblait juste, j'ai fini par détester les gens qui se sont accaparé, ont détourné une idée et l'ont façonnée à leur image. N'acceptant jamais la différence d'autrui, ils ne prenaient en compte que leur propre différence.

La lutte féministe (elle aussi) a encore beaucoup de boulot devant elle...


lundi 13 juin 2016

Actualité people: Johnny Depp l'icône et Amber Heard la garce divorcent.


Round 1 : Il y a quelques semaines l'homme le plus beau du monde et sa vamp de jeune femme Amber Heard annonçaient leur divorce. En parcourant internet, les réactions étaient majoritairement semblables : Amber Heard est une manipulatrice aux dents qui rayent le parquet, une instable, une folle, une chieuse droguée. La généralité des commentaires allaient dans le même sens, tout le monde s'attendait à ce divorce, et, Johnny Depp irait beaucoup mieux sans elle. Voilà, jusqu'ici, rien de bien intéressant qui aurait pu susciter mon attention.

"C'est pas possible, je les ai vu la semaine dernière ensemble ils avaient l'air très bien!" <- Remarque de merde



Round 2 : Quelques jours plus tard, la dite Amber publie des photos sur internet, le visage couvert de bleus. Elle accuse son mari de l'avoir violentée physiquement. La populace crie au truquage et à l'influence mesquine de cette salope qui essaye de ternir l'image du beau rebel.

Fin.

Cette histoire m'a poussée m'interroger au sujet de notre jugement concernant la vie des autres.
Cette histoire concerne deux célébrités et a été mondialement reléguée mais aurait très bien pu arriver à un couple que nous connaissons. Des amis, des voisins, des connaissances, des collègues. 




Ici, comme souvent malheureusement, c'est l'homme qui est particulièrement riche, et une popularité installée. Il est bel homme, bon dans son métier et séduisant. Son nom vaut de l'or, il est à la tête d'une marque de prestige. L'homme a dans cette histoire, largué sa compagne dont il avait deux enfants pour une autre femme, bien plus jeune, et bien moins riche. La jeune femme est aux prémices de sa carrière, et malgré sa beauté froide, elle semble avoir du mal à se démarquer. Aux yeux de tous, il est limpide que l'homme a beaucoup plus de notoriété que la femme, et, qu'elle aurait beaucoup plus besoin de lui et de son argent afin de faire progresser sa carrière que le contraire. L'étiquette n'était donc pas difficile à donner. «Une énième jeune femme avide de puissance se chope un homme riche, dont elle se servira ». L'homme, étant un homme, « il ne se refera jamais », est tombé dans le panneau et a craqué pour une gourde à la plastique de rêve.

L'histoire ne dure pas, et ne marche pas. Personne ne s'en étonne, cet homme valait bien mieux qu'elle. Et, même si c'est elle qui a demandé le divorce, on estimera qu'il retrouve enfin ses esprits, qu'il réalise que cette jeune femme sulfureuse et carriériste ne mérite pas cet homme de tallent à ses côtés. Sauf, que la provocatrice, annonce, photos à l'appuis, que son mari l'a frappée. Aujourd'hui, qui n'a pas vu de campagne incitant les femmes à s'exprimer face à leurs passages à tabac (psychologiques, physique... Qui n'a pas entendu parler du fameux pervers narcissique?!)  ? On nous martèle continuellement que beaucoup trop de femmes restent silencieuses et, la société les encourage à dénoncer les violences conjugales, qui sont trop souvent contenues, étouffées, atténuées. La société prétend accuser les personnes violentes et tend à soutenir les victimes physiques comme psychologiques des agressions.
Mais, dans ce cas précis, avec cette femme-là, c'est différent : elle est vénale, jeune, belle et semble paumée. Bien qu'on ne la connaisse pas, on ne peut pas la soutenir. Pas elle. On ne peut pas la croire. Elle, son unique but, est de salir l'image d'un homme bien, d'un homme qui a du pouvoir et du renom. A vrai dire, on ne connait pas vraiment cet homme non plus, uniquement l'image qu'il nous renvoi, et, elle provoque en nous une idée suffisamment positive pour vouloir le défendre. Jamais il ne battrait une femme. Oui, il vrai que la jeune femme a montré des photos, mais le maquillage et photoshop existent, il ne faut pas oublier qu'elle est prête à tout pour arriver à ses fins : voler l'argent de son mari.

De plus, cet homme, aussi fêtard soit-il n'a jamais eu de problème de violence avec ses ex, du moins, aucun problème n'a été reconnu publiquement. Pourtant, est-ce-que le fait de ne pas avoir violenté son ex prouve que nous n'en serons jamais capables ?
Imaginons qu'en effet, cette femme a tout inventé car elle cherche à dépouiller son mari, car elle a de mauvaises intentions ou simplement car elle cherche à se faire connaître et reconnaître par ses pairs. Elle desservirait la cause des femmes réellement victimes de maltraitance, et on reprocherait à juste titre, à cette attitude honteuse de décrédibiliser le témoignage des personnes vraiment blessées.

Mais, imaginons que cette femme dise la vérité. Admettons que malgré sa mesquinerie, malgré le renom de son compagnon, elle ait été effectivement en danger. Une femme aurait eu le courage de dénoncer ce qui lui est arrivé, elle aurait osé annoncer qu'elle s'est pris des coups dans la face, qu'elle a été humilié physiquement, elle aurait donc décidé de faire part de sa détresse publiquement. En guise de réponse et de réaction, les gens lui auraient craché à la gueule en la traitant de manipulatrice et de salope.
Comment peut-on remettre en question la parole d'une personne qui se dit victime ? Comment une femme qui dénonce des faits de violence peut-être accusée de manipulation et de conspiration ?
Je ne connais pas ces gens, ni la majorité des autres femmes dont on a remis la parole de victime en question. Mais, si l'on prétend avoir été agressé, le réflexe devrait être de vouloir accompagner la personne, au lieu de l'accuser de mensonge et de traitrise. On doute encore bien trop souvent que les femmes puissent être violées par leur conjoint, menacées psychologiquement et qu'elles se soient pris des raclées dans l'intimité. On préférera fermer les yeux face à ces déclarations plutôt que rentrer en conflit avec les bourreaux. On dira qu'elle exagère, on croira l'homme qui se contentera de dire qu'elle ment, puis, on haussera les épaules et on estimera que de toutes façons, ça ne nous regarde pas. 


"Jvais pas lui faire mal à la Sanza" - qu'il disait Ramsay...

vendredi 15 avril 2016

Je me lance dans l'autoédition

http://www.kisskissbankbank.com/etats-de-crises-le-livre?ref=category
















Je me lance! Je tente l'aventure du crowdfunding afin de récolter des fonds pour publier mon futur livre. Bientôt, vous pourrez me lire sur la plage, dans l'avion, sur un banc, en tout cas, sur des vraies feuilles papier...
Le livre sortira en septembre, d'ici là, il y aura beaucoup de travail...
Ce sera un recueil de nouvelles. Certaines sont déjà apparues ici, d'autres, la majorité, n'ont jamais été diffusées.
Bien sur, je continuerais à alimenter le blog, mais peut-être avec moins de régularité. Ce projet me tient à cœur, je désire tout bien faire. Et vu que je fais tout, ça fera une sacrée somme de travail.
Si vous voulez plus d'info sur le projet, n'hésitez pas à cliquer sur le lien, vous pouvez même me faire une petite contribution. Plus le résultat de la récolte sera important, plus beau sera le produit fini!

jeudi 31 mars 2016

L'amitié





Puis un jour, l'amour frappe à ta porte. Il devient tout pour toi, tu te demandes comment tu avais fait pour vivre sans. Tu as besoin de lui, de cet amour au quotidien. Tu resterais avec joie sous la couette avec lui si les obligations du quotidien ne t'en empêchaient pas. Sans que tu ne t'en rendes compte, ta vie commence à s'organiser avec lui. Vous prévoyez vos weekends à deux, vous vous inscrivez aux mêmes activités. Tu l'attends quand il a des rendez-vous, tu rencontres ses amis et lui les tiens. Mais ce que tu cherches avant tout, c'est une proximité totale, tu veux être toujours plus proche de lui. Tu te rends compte que tu n'es bien qu'en sa présence. Tu te projettes, tu décides de vivre avec, tu te sens tellement épanouie à ses côtés. C'est normal d'être fusionnel quand on est amoureux. Tu aimerais faire savoir à la terre entière que tu vis dans une bulle d'amour, que tu es enfin heureuse, que tu a trouvé ton binôme. Les petites disputes du quotidien ne te dérangent pas, car tu sais qu'il est la seule personne qui te comprend réellement. Il te connait mieux que qui que ce soit, vous vous êtes tout de suite compris. Pourtant les disputes sont parfois des crises d'une telle violence que tu te fais peur. Tu cries, tu casses des objets, tu menaces de te jeter par la fenêtre. Tu as honte après, et vous ne reparlez pas de ces disputes, de ces moments de folie. Lui aussi se ridiculise, lui aussi te menace de retourner avec son ex, lui aussi te dit des choses épouvantables que tu ne mérites pas d'entendre. Malgré tout, vous tenez. Vous pouvez tenir des années ainsi. Ce n'est pas grave, votre couple est explosif, mais quand ça se passe bien, vous vous aimez tant, vous êtes si heureux, que vous savez qu'au fond vous avez de la chance de vous être trouvés. Cette relation bouillonnante et romantique finit pourtant par s'arrêter. Votre petite bulle éclate, et tu te retrouves seule, complètement nue, orpheline. Tu ne sais plus ou tu habites, tu ne sais plus manger seule, tu as perdu tous tes repères. Tu avais fondé tant d'espoir sur ton couple, tu t'étais tellement projetée, que tu ne sais plus de quoi pourrais être faite ta vie. Tu te sens seule et tu as envie de mourir. Tu ne peux pas t’empêcher de pleurer, bêtement pour rien. Tu fixes ton portable, en espérant avoir de ses nouvelles, mais il reste muet. Tu aimerais pouvoir parler à quelqu'un, lui confier à quel point tu souffres, mais tu ne sais pas à qui. Cet amour était la seule personne dans ta vie. Tu as oublié tout le monde autour, tu t'es laissée entrainer dans cette relation, sans prendre le soin de préserver ta vie personnelle, ton « jardin secret ». Tu vivais à travers lui, et maintenant, tu dois tout reconstruire. Tu hésites à appeler tes vieilles amies, ça fait tellement de temps que tu ne leur as pas parlé. Pourtant vous vous entendiez très bien à l'époque. Tu n'as pas pris de nouvelles depuis la fois ou tu leur avais encore fait faux bond mais que tu leur promettais un diner chez toi d'ici peu. C'était il y a combien de temps ? Un mois ? Tu réfléchis, tu comptes sur tes doigts. Oh, quatre mois déjà. Mais elles te manquent tant, elles t'aideraient à remonter la pente. 




Tu appelles ta meilleure amie, tu lui demandes comment elle va. Elle te répond froidement, ne s'intéresse pas à toi. Tu es vexée, lui dis que ça ne va pas. Tu as besoin d'elle. Elle est cruelle, elle te dit calmement qu'elle n'a pas le temps. Tu ne comprends pas. Elle t'explique qu'elle aussi a été mal ces dernières années et que tu n'étais pas disponible. Tu lui dis pourtant que tu as toujours été là, pas loin, que tu pensais beaucoup à elle, mais que tu étais occupée dans ta relation, que les choses évoluent, que ce n'est pas parce-que l'on se voit moins que l'on ne s'aime plus. Les relations d'adultes sont ainsi, les amitiés de collégiennes fusionnelles ne peuvent pas exister éternellement. Elle te raccroche au nez. Tu es déçue. Qu'as tu fait de mal ? En te consacrant à ton couple aurais-tu fait un mauvais calcul ? Pour toi l'amitié a toujours été important, comme pour tout le monde, mais jusqu'à preuve du contraire, passé l'age de la faculté, ce n'est pas avec ses amis que l'on vit, ni avec eux que l'on fait des enfants. Les amis c'est bien, ça nous fait rire mais ce ne sont pas eux qui vont te faire évoluer, atteindre tes projets. Et elle, ta sois-disant meilleure amie, qui prétend avoir beaucoup de principes, agit-elle correctement en te laissant tomber comme une chaussette au moment où tu se sent le plus mal ? C'est vrai qu'elle aussi s'est fait larguer et a perdu son job. Tu en avais entendu parler. Mais si elle ne t'a pas donné de nouvelle, tu as suppoés qu'elle gérait bien la situation, qu'elle s'en sortait très bien. Que fallait-il faire ? Aller la voir avec des chocolats et un paquet de mouchoirs ? Tout de même ! Nous ne sommes pas dans une série américaine ! Tu es à présent en colère contre ton ancienne amie. Elle t'a trahi, t'a mis un coup de couteau dans le dos. N'aurait-elle pas pu t'écrire ou t'appeler pour prendre de tes nouvelles ? C'était à toi de tout faire ? Elle a en effet parfois tenté de te joindre, mais tu étais très occupée, tu décrochais peu ton téléphone et tu oubliais de répondre à ses sms, mais savoir qu'elle pensait à toi te faisait tout de même plaisir à l'époque où tu étais en couple... Non. A vrai dire, tu te fichais d'avoir de ses nouvelles. Tu te fichais qu'elle s'intéresse à toi. Tu étais bien trop occupée à être amoureuse et à t'idéaliser une jolie vie de couple. Tu te fichais de savoir comment elle allait. Parfois tu pensais à elle, tu te disais que tu devais l'appeler, tu culpabilisais un peu, puis, tu chassais cette idée du revers de la main. Elle encombrait à ton bonheur, elle ne te laissait pas assez de liberté. Tu n'as pas entretenu votre relation car tu n'en avais pas envie. Mais à présent que tu te sens mal, tu te rappelles à quel point elle t'a été fidèle, tu te rappelles que vous vous connaissez depuis des années, et que finalement, elle te connait surement aussi bien que ton ex. Tu te souviens qu'elle t'a fait rire, t'a soutenue, t'a contredit quand tu te trompais, et tu as à présent besoin de son point de vue afin d'avancer. Tu as besoin de ton amie, tu aimerais que les choses redeviennent comme avant. Tu as fait une erreur en la délaissant, car tu réalises tout ce qu'elle a pu faire pour toi. Tu te dis qu'elle t'a sincèrement aimé et respecté. Que l'amour que tu avais n'était peut être même pas aussi fort que votre amitié. Les amis durent alors que la vie de couple peut-être éphémère. Comment as-tu pu autant t'emballer quand tu es tombée amoureuse ? Tu te sens ridicule d'avoir tout plaqué pour cet imbécile. Tu te dis que finalement, de vrais amis sur qui compter peuvent tout à fait combler ton manque d'affection. Au moins, le temps de trouver un nouveau mec. 


vendredi 18 mars 2016

Fais pas ta pute, montre moi ta chatte

Pour la petite histoire, j'ai rédigé cette nouvelle après avoir demandé mercredi dernier à mes contacts facebook de m'envoyer une photo qui les inspirait. Je suis partie de l'une d'entre elles (l'image est plus bas) afin d'en arriver là:

Au chômage depuis trois mois, sa journée s'était organisée autour de son rendez-vous avec sa conseillère du Pole emploi. Elle y était allée pour lui expliquer que ses recherches étaient toujours au point mort et qu'elle ne trouvait rien dans son domaine. Elle avait pourtant un master en psychologie, mais même à Paris, elle n'avait rien de convenable, hormis quelques remplacements qui ne lui correspondaient guère. Elle essaya de prouver à son interlocutrice que sa motivation n'était pas à remettre en cause dans sa recherche. Elle tenta de lui faire comprendre qu'à 25 ans, devoir retourner dans sa chambre d'ado chez ses parents n'était pas un projet qu'elle avait envisagé quand elle avait entamé ses études. Elle entrepris de lui prouver qu'elle préférait sincèrement se lever pour quelque chose qui l'animait, plutôt que d'être fauchée et rester à glander devant la télé tous les jours. Mais sa conseillère n'écoutait rien, elle lui rappelait étrangement sa professeur de SVT au lycée : elle ne la croyait pas réellement intéressée et motivée par le sujet. Elle voulait la punir, ça se voyait dans ses expressions. Elle plissait légèrement les yeux et pinçait la bouche en l'écoutant parler. La conseillère lui reprocha de ne pas faire de formation, et lui rappela qu'elle pouvait tout de même faire l'effort de se trouver un petit boulot en attendant. Elle la revoyait tapoter sur son ordinateur. « Là, vous voyez, vous avez un poste d'agent de sécurité dans le 18ème. Vous ferez le filtrage, des rondes d'accès... C'est un CDD, mais renouvelable  
-Ce n'est pas ce que j'ai envie de faire, répondit-elle du tac au tac.
- Eh bien avec tant de mauvaise volonté, ne vous étonnez pas si l'on vous enlève vos aides au bout d'un moment. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. »
Elle n'avait aucune envie d'argumenter. Elle n'avait aucune envie de lui dire que si elle avait fait cinq ans d'études dans une filière spécifique ce n'était pas pour faire agente de sécurité, ne serait-ce que l'espace de trois jours. Elle avait encore une dignité, elle ne la salirait pas pour de l'argent. Elle savait que son point de vue était méprisé, qu'elle se faisait passer pour une feignasse qui se laissait porter par la société, mais ce n'était pas de sa faute si cette prétendue société ne lui proposait rien qui lui correspondait. Elle n'avait aucune intention de se plier à ce chantage, et même si elle souffrait de vivre chez ses parents, même si elle se sentait vue comme une inadaptée, une marginale, comme un gros boulait qu'il fallait contrôler et dépanner, elle se refusait d'être agente de sécurité. Chacun son truc.

Il était 16h quand elle quitta le Pôle Emploi et qu'elle prit le métro, puis le RER pour rejoindre sa maison. C'étaient les heures de pointe, mais elle était trop frustrée par son rendez-vous pour se laisser déranger par la foule. Elle était debout, le regard posé sur ce jeune couple qui n'arrêtait pas de s'embrasser. Elle se sentait incomprise, et même si elle avait conscience de penser de manière ridicule, elle trouvait que rien ne tournait rond. Elle était une victime persécutée par le monde entier, personne ne l'aimait. Pas de boulot, pas d'appart, pas de mec. Comment peut-on être plus nulle ? Elle regarda son portable à plusieurs reprises, personne n'avait pris de ses nouvelles. Elle faisait défiler les images de son Facebook, qui la rongèrent encore plus. Ses amis postaient des images de leurs vies bien remplies : leurs voyages, leurs projets, leurs achats. Elle ne pouvait rien se permettre de tout ça, elle se sentait au point mort. Elle n'avait qu'une hâte, rentrer dans sa chambre et se cacher sous sa couette, même si il faisait beau et chaud. Sinon, elle pouvait se prendre une grosse cuite qui la clouerait au lit pour trois jours, ou, mieux, se faire un marathon des quatre saisons de Newport Beach jusqu'à la fin de la semaine. C'étaient ses deux remèdes doudou depuis presque dix ans, et vu qu'elle n'était qu'une chômeuse, qu'une pariât de la communauté, elle avait du temps à tuer.

C'est à ce moment là qu'elle remarqua qu'un homme, debout face à elle, la dévisageait avec insistance. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, mais elle préféra détourner le regard. Elle trouvait toujours ces manières très intrusives, mais elle finit par le regarder furtivement. Il se lécha les lèvres de manière équivoque en la dévisageant. « Beurk »-se dit-elle en son fort intérieur « encore un pourri». Puis, elle tira sur sa jupe, pour cacher ses jambes, comme si elle avait quelque chose à se reprocher. Elle regardait par terre, fixait un point dans le vide, préférant l'ignorer.
« He ! Salut toi ! T'es mignonne tu sais ! » Le mec en question s'était mis à lui parler. Sa voix était assez forte, quelques personnes sursautèrent étonnées, puis, repartirent dans leurs pensées. Elle fit comme si elle ne comprenait pas qu'il s'adressait à elle, continua de fixer son point imaginaire.
« He ho ! C'est à toi que je cause ! Tu sais que t'es bonne dans ta petite jupe moulante ? »
Elle était terriblement mal à l'aise, elle farfouilla dans son sac, en quête de ses écouteurs, afin de ne plus l'entendre parler, mais elle ne les trouva pas. En désespoir de cause, elle repris son portable et fit défiler ses mails pour la énième fois en vingt minutes.
« Dis donc ! C'est pas par ce que t'es bonne que tu dois me bêcher la miss! Tu préfères pas que je t'amène à l’hôtel et que je te défonce par tous les trous ? » Autour d'elle les gens baissaient le regard, ils étaient aussi gênés qu'elle. Elle se sentait rougir, et ses mains devinrent particulièrement moites. Elle aurait souhaité que quelqu'un le fasse taire. Cet homme qui lisait son journal aurait pu se lever et prendre la parole, ou même ce groupe de jeunes qui riait fort il n'y avait même pas deux minutes, ou ce couple qui semblait subitement absorbé par une tache sur le strapontin. Mais personne ne dit rien.
Elle ne pouvait compter que sur elle pour riposter :
« Laissez moi tranquille »-Murmura t'elle.
«Sois pas farouche, je vais m'occuper de toi comme il faut, t'inquiètes ».
« Putain, je fais quoi ?- pensait-elle- Il me reste encore huit stations avant de sortir, c'est l'heure de pointe, si je retourne sur le quai, j'en aurais encore pour une heure trente avant de rentrer chez moi. D'un autre côté, il commence à vraiment me mettre mal à l'aise ».
Il fit un pas vers elle, il se faufilait entre les gens, il n'était plus qu'à une cinquantaine de centimètres d'elle. Elle s'agrippa à sa barre, elle sentait la nausée monter. « Ne t'angoisses pas, tu n'es pas seule, il ne pourra rien faire avec tout ce monde autour. C'est juste de la provocation, ne fais pas attention ». C'est alors que l'homme lui saisit la main avec force. Puis, d'un geste machinal, il lui fit faire des allés-retours suggestifs sur la barre de métro. Elle avait beau essayer de dégager sa main, il était physiquement plus fort qu'elle et la pression était beaucoup trop grande pour qu'elle puisse sortir de son emprise. Elle voulait crier, lui dire de cesser, mais elle n'arrivait pas à parler. Elle sentait sa gorge nouée par de gros sanglots prêts à sortir. Elle détourna le regard, les secondes devenaient interminables. Les gens atour étaient devenus invisibles, autant que la scène leur semblait inobservable. On aurait dit qu'il ne se passait rien d'anormal.
Le visage de l'homme n'était plus qu'à quelques centimètres du sien, quand il lui souffla tout en lui continuant de lui saisir la main « Allez, fais pas ta pute, montre moi ta chatte ! »
Elle essaya de nouveau de se dégager, elle voulait sortir à l'arrêt suivant mais elle était glacée, comme pétrifiée. Elle avait beau se démener, elle n'arrivait pas à reprendre suffisamment de forces dans ce combat silencieux. C'est à ce moment là, que tout en lui gardant la main plaquée à la barre, qu'il lui remonta la jupe, et inséra son autre main dans sa culotte. Le geste ne dura que quelques secondes, juste le temps d'explorer son anatomie. Pour elle, le temps s'arrêta. Sa vue se brouilla soudainement, et elle se senti envahie par la honte. Elle vit comme un objet, son intimité exposée à tout le monde. Elle suppliait les gens du regard. A sa gauche, une jeune femme assise fit semblant de dormir, et mis son pull sur les yeux, une vieille dame sembla soudainement absorbée par son dernier roman de Marc Lévy, et, elle remarqua un jeune costaud augmenter le son de ses écouteurs. Personne ne réagissait. La rame était silencieuse, paisible. Elle voyait les immeubles et les tags de la périphérie défiler à toute allure, elle voyait les dernières lueurs du soleil percer les nuages et se poser sur cette jeune femme au visage cachée sous son tricot. « Achevez-moi ».
Elle avait l'impression d'être sortie de son corps, que ce qui se passait n'était pas réel, qu'elle finirait par se réveiller.


Le métro s'arrêta à sa halte, l'homme sortit immédiatement la main de sa culotte, elle baissait les yeux, elle ne voulait pas qu'il voit qu'elle pleurait, elle ne voulait pas qu'il croit qu'il avait pris le dessus sur elle. Elle lui aurait bien craché à la gueule, mais il partit sans se retourner, en sifflant la marseillaise. Elle se retrouva en plein milieu de la rame de métro, sa jupe relevée, les jambes chancelantes, le cœur battant à la chamade. Personne n'osa croiser son regard, personne ne lui dit un mot, personne ne lui céda sa place. Elle finit son trajet debout, silencieuse, choquée, sa main toujours accrochée à sa barre qu'elle avait branlé une vingtaine de secondes. Finalement, peut-être que les gens n'avaient rien vu ? Tout avait été si rapide, peut-être qu'ils n'avaient pas remarqué qu'il lui avait pris la main avec force, et qu'il avait furtivement plongé la main dans sa culotte ? Non. Elle savait très bien que ce genre de geste n'était pas anodin, et qu'il se distinguait des autres. Elle savait très bien que tout le monde avait vu.

Elle rentra chez elle salie, honteuse, coupable, en colère. Elle se doucha plusieurs fois, se jura de ne plus jamais remettre de jupe, puis, regarda Newport Beach.